icon production
Production
icon broadcasting
Diffusion
icon distribution
Distribution
icon regulation
Réglementation
icon homeAccueil icon mediaMédia
icon opinionOpinion icon studiesÉtudes
icon searchRecherche icon voteVotez
icon quoteCitations icon change languageEnglish

Production

bobines de film bleutŽesLes changements qui frappent le monde des médias traditionnels ont l'allure d'un véritable tsunami. Dans ce contexte, plusieurs observateurs s'entendent pour dire que la réglementation qui régit la production télévisuelle canadienne a fait son temps. Lourde et infiniment complexe, cette réglementation remonte à un âge où Internet n'existait pas et où les télécommunications et la distribution des signaux de télévision étaient deux mondes distincts. L'allégement substantiel de sa réglementation et la démonstration d'une plus grande confiance dans la capacité du marché à produire du contenu canadien de qualité est l'un des premiers défis que le Canada doit relever.

Saviez-vous que...

  • L'industrie de la production indépendante au Canada est née il y a une vingtaine d'années, de la volonté des pouvoirs publics de faire contrepoids à la structure américaine des producteurs les plus importants (les majors). Cette industrie devait mieux assumer le mandat d'une plus grande diffusion du contenu canadien au pays et à l'étranger.
  • La mise en place de ce système a permis aux producteurs de revendiquer un statut, un rôle, une mission et d'exiger pour cela d'être protégés dans leurs négociations avec leurs diffuseurs. Ils ont pu obtenir des garanties pour que les fonds publics soutiennent leur capitalisation, pour que les diffuseurs leur réservent une portion significative de leurs besoins en programme, en particulier pour les émissions désignées comme prioritaires.
  • Il en résulte que l'entrepreneur privé n'a plus d'incitatif à investir dans les contenus de son choix, avec les partenaires de son choix, car la propriété intellectuelle ne reste pas avec les investisseurs. En fait, la réglementation vieillie décourage maintenant la productivité et l'investissement. En effet, puisque la manne publique recommence à tomber chaque année à la date prévue et sans égard aux résultats financiers, pourquoi prendre des risques?
  • En 2006-2007, le Fonds canadien de la télévision (FCT) disposait de 250 millions de dollars provenant de la contribution des distributeurs (câble et satellite) et de Patrimoine Canada. De ce total, 164,8 millions sont consacrés à la production de langue anglaise et 84,2 millions de dollars à la production de langue française.
  • Or, le FCT est dirigé par un groupe de bénéficiaires qui n'investissent pas dans les émissions canadiennes et qui conservent la totalité des droits sur les productions de façon permanente. De plus, même s'il s'agit de fonds publics, les dirigeants du FCT ne sont pas imputables envers qui que ce soit.
  • Même si le Canada est, de tous les pays du G8, celui qui consacre proportionnellement le plus d'argent au financement du contenu canadien et celui qui a la réglementation la plus protectionniste, le contenu canadien est dévalorisé tant plan international qu'au plan national. Il ne génère pas d'audience au Canada anglais, n'a pas permis de développer des concepts originaux, n'a pas favorisé le déploiement d'une industrie de programmes en mesure d'attirer des investissements étrangers, ni d'exporter ses produits.
  • Il est ironique de constater que certains des plus grands succès canadiens sont... américains, comme en témoignent les séries 24 heures chrono et CSI.
  • Soulignons enfin que même si un producteur ne reçoit pas de financement provenant des fonds publics, il doit se conformer à l'ensemble des règles édictées par le CRTC.

La nouvelle réalité numérique

Les médias traditionnels font aujourd'hui face à une concurrence sans précédent. Une des premières leçons de la révolution numérique est que l'Internet génère ses propres contenus. À titre d'exemple, les podcasts produits avec des moyens minimums par des individus ou par des entreprises spécialisées se sont avérés des concurrents redoutables aux productions lourdes des médias traditionnels.

Si la réglementation a pu représenter, pour un temps, une garantie de maintien de haut niveau de productions canadiennes, le contenu canadien doit désormais s'imposer par sa qualité et sa pertinence. Il est un facteur clé de la réussite canadienne dans l'environnement des nouveaux médias.

Par ailleurs, la numérisation et la transportabilité des contenus font en sorte qu'un nombre croissant de productions contournent le système et les médias traditionnels. Une réglementation accrue ne changera rien à cet état de fait, sinon pour isoler le Canada encore davantage sur la scène de la production internationale.

Construire notre nouveau monde

De nombreux gestes peuvent être posés par le législateur et le CRTC pour permettre au Canada de relever les défis du nouveau monde numérique et en faire une réalité vivante et dynamique au Canada, notamment en créant des conditions qui permettront la production de contenus qui intéresseront les Canadiens. Parmi ces gestes :

  • le gouvernement devrait maintenir son soutien financier en faveur de la production canadienne. Néanmoins, afin d'éviter d'intervenir dans le choix des programmes et des modes d'exploitation, il devrait privilégier le recours aux mesures fiscales, plus incitatives, plus près des règles du marché et moins interventionnistes;
  • dans la perspective du maintien de la propriété canadienne, les diffuseurs devraient être incités à réinvestir une partie de leurs revenus dans la production canadienne selon une méthode de calcul équitable pour tous les intervenants. Cela devrait être la seule règle contraignante. Il appartiendrait aux diffuseurs de déterminer dans quelles productions ils investissent cet argent et de choisir le moment propice de leur exploitation dans leurs grilles de programmes ou dans les autres médias.
 
button to post website content to social bookmarking services